L’esprit des lieux : la force d’un héritage villageois
Des racines anciennes, une identité ténue
L’histoire de Veyrignac est étroitement liée à celle des petits villages ruraux occitans du Moyen Âge, mais elle s’est dessinée à sa façon. L'habitat dispersé autour du bourg – maisons en pierre blonde, toitures de tuiles, hameaux discrets à l’écart des axes touristiques majeurs – favorise une sociabilité tranquille et une forte autonomie locale.
La place de l’église Saint-Pierre-ès-Liens, monument historique du XIIe siècle, domine le village mais a longtemps été l’unique espace partagé, à la fois lieu de prière, refuge lors des crues de la Dordogne, et centre de la vie civile. À Veyrignac, la terre – et non la pierre seule, comme à Sarlat – a forgé les destins familiaux, à travers la polyculture, la noix, le tabac, la vigne puis, plus récemment, l’artisanat et l’accueil rural. Ce rapport à la terre reste vivace : chaque année, la fête de la noix rassemble anciens et nouveaux venus autour des moulins et des anciens séchoirs, perpétuant la transmission des gestes.
Le patois toujours vivant
Si la langue d’oc a reculé, Veyrignac reste l’un des villages où l’occitan périgourdin survit à travers expressions, noms de lieux et souvenirs transmis oralement. Certains habitants âgés racontent encore, en occitan, des anecdotes sur la vie d’avant, et dans les fêtes, on entend parfois résonner un refrain traditionnel :
- « L’aiga de la rocha es mai bona que lo vin d’un barril » (L’eau de la roche est meilleure que le vin d’un baril)
Cette persistance confère à Veyrignac une chaleur particulière, tissée de mots, de rires et de complicité locale, rarement retrouvée avec autant d'intensité dans les zones plus urbanisées du Périgord Noir. Le site occitanica.eu met d’ailleurs en avant la richesse patrimoniale du parler périgourdin dans les témoignages des campagnes de Dordogne.