Le goût de Veyrignac : Produits du terroir, racines et traditions

10/01/2026

Une terre fertile au cœur du Périgord Noir

S’étirant entre le méandre de la Dordogne et les premiers reliefs boisés du Sarladais, Veyrignac incarne toute la générosité du Périgord Noir. Petites parcelles bordées de murets, prairies caressées par la brume matinale, forêts odorantes : cette mosaïque naturelle donne aux produits agricoles une identité puissante, forgée par l’histoire rurale, les saisons et un savoir-faire transmis de génération en génération.

Parmi les trésors qui font vibrer les étals locaux et les tablées veyrignacoises, certains produits prennent une saveur particulière. Petite exploration gourmande, authentique, ancrée dans la réalité et la beauté simple de ce coin de Dordogne.

La noix du Périgord : une star locale aux multiples facettes

La noix fait partie du paysage et du patrimoine agricole de Veyrignac depuis des siècles. Ici, le noyer est bien plus qu’un arbre : c’est un compagnon de route, témoin des hivers rudes comme des étés généreux. Le Périgord Noir (avec la vallée de la Dordogne) produit près de 15 000 tonnes de noix chaque année (Noix du Périgord AOP). La culture du noyer, labellisée AOP, s’étend sur quelque 7 000 hectares dans quatre départements, dont la Dordogne.

  • Le saviez-vous ? Une partie des noyers de Veyrignac sont issus de variétés anciennes comme la Franquette et la Corne, reconnues pour la qualité de leur cerneau et leur saveur délicate.
  • La noix est utilisée de multiples façons : fraîche à l’automne, séchée pour l’hiver, en huile artisanale (presse mécanique), en pâtisserie, ou tout simplement croquée à l’apéritif.
  • Des moulins à huile, parfois plus que centenaires, existent encore dans le secteur (voir le Moulin Bouyssou à Castelnaud, à 10 km de Veyrignac).

La noix du Périgord nourrit aussi la culture : dans le folklore local, on renvoie le ramassage et le cassage des noix à des « veillées » conviviales, où les histoires et les chants s’invitaient en même temps que les paniers pleins.

Foie gras et canard : couleurs vives de la gastronomie périgourdine

Impossible d’évoquer le terroir sans parler de l’élevage de canards gras : c’est l’un des piliers économiques et culinaires de la vallée de la Dordogne. Plusieurs exploitations familiales poursuivent cette tradition autour de Veyrignac, souvent en circuit court, vendant leurs produits sur les marchés ou directement à la ferme.

  • La Dordogne est le premier producteur français de foie gras : près de 9 000 tonnes par an selon l’INAO (INAO), dont une part significative vient du bassin Sarladais.
  • Outre le foie gras entier, on trouve des magrets fumés, confits, gésiers, et toutes sortes de recettes familiales (miettes de canard, rillettes, pâtés).
  • Conseil gourmand : la période de novembre à mars, celle des marchés au gras, est idéale pour goûter un « foie gras frais » accompagné d’un verre de Monbazillac.

À Veyrignac, la présence de petites exploitations favorise une production artisanale : élevage en plein air, alimentation à base de céréales locales, gavage traditionnel. Les foires saisonnières de Sarlat, Salignac ou Gourdon permettent de rencontrer directement ces producteurs.

Fruits rouges : la fraise du Périgord, reine printanière

Premier fruit estampillé IGP de France (Fraise du Périgord IGP), la fraise du Périgord illumine les talus et les jardins familiaux dès la mi-avril. L’aire de production s’étend sur près de 1 800 hectares, et la Dordogne récolte à elle seule environ 3 000 tonnes de fraises par an (source : Chambre d’agriculture 24).

  • Gariguette, Mara des bois, Charlotte : les variétés locales se distinguent par leur chair parfumée et colorée.
  • Légende locale : certains affirment que la terre graveleuse des bords de Dordogne donne à la fraise une pointe d’acidité typique, très prisée des pâtissiers.
  • À déguster tout simplement à la croque, en confiture, ou dans la célèbre tarte fraîche locale à base de crème pâtissière « maison ».

Au printemps, les petits marchés de la vallée (Saint-Julien-de-Lampon, Carlux) regorgent de cagettes rouges, et plusieurs familles de Veyrignac continuent de perpétuer la culture sous serre ou en plein champ.

Légumes de terroir : le haricot maïs et potagers de village

Moins connu que la noix ou le canard, le haricot maïs (ou « coco de Périgueux ») refait surface dans le paysage agricole du canton. Traditionnellement cultivé en association avec le maïs, il permettait un rendement optimal sur les petites exploitations familiales.

  • Riche en protéines, ce haricot blanc à la peau fine entre dans les potées, les soupes d’automne, et dans le traditionnel « mique périgourdine » (pain cuit sur le bouillon d’haricots et de viande).
  • Il bénéficie à nouveau d’un engouement, soutenu par Slow Food et les démarches de « renouveau des anciens légumes » (Fondation du Patrimoine).

Derrière la maison, nombreux potagers de Veyrignac regorgent aussi d’ail rose, de céleri, de tomates anciennes, et d’une large palette de salades rustiques. Ici, le jardin est à la fois un garde-manger et un patrimoine vivant.

Le miel : reflet doré des vallons et des forêts

L’apiculture connaît un regain dynamique dans la vallée de la Dordogne et à Veyrignac. Autrefois, chaque ferme possédait quelques ruches pour la miellerie familiale. Aujourd’hui, plusieurs producteurs récoltent un miel issu de la richesse florale locale : châtaignier, chêne, acacia, ronce et trèfle.

  • Le rucher périgourdin tire parti de l’absence de grandes cultures intensives : les abeilles profitent de haies bocagères, de sous-bois, et d’une flore sauvage variée.
  • Le miel de châtaignier, sombre et puissant, est typique du Sarladais ; celui de printemps, éclatant et floral, met en avant la diversité botanique locale.
  • Près de 15 apiculteurs professionnels recensés autour de Sarlat, dont certains pratiquent la transhumance pour offrir différentes récoltes au fil des saisons (Apiculture du Périgord).

Petits élevages, fromages et volailles : la tradition non industrialisée

Outre le canard, on trouve dans les petites fermes de Veyrignac divers élevages de poules, pintades, oies. La production de fromages fermiers à base de lait de chèvre (crottins, pyramides cendrées) ou – plus rare – de lait de vache, demeure vivace dans la vallée voisine.

  • Les troupeaux restent modestes (30 à 50 chèvres par exploitation), avec une traite manuelle ou semi-industrielle.
  • Les marchés paysans, l’été, proposent tommes fraîches, yaourts nature, et fromages affinés sous paille ou cendre.
  • Adresses à retenir : le GAEC du Bois Roux à La Roque-Gageac (12 km) vend ses fromages directement à la ferme ou via les « Marchés de Producteurs de Pays ».

Truffe noire : l’ombre précieuse du terroir

Si le Périgord noir évoque immanquablement la truffe (Tuber melanosporum), le secteur de Veyrignac, avec ses sols calcaires bien drainés, accueille plusieurs « truffières » naturelles et quelques plantations récentes.

  • La Dordogne est le premier département trufficole français, produisant autour de 15 à 30 tonnes chaque hiver (France Bleu).
  • La truffe se ramasse de décembre à février, sous les chênes truffiers, au « chien » ou au « cochon », selon la tradition.
  • Rendez-vous : les marchés aux truffes de Sarlat, Saint-Geniès ou Souillac maintiennent une ambiance de suspens, de flair et de secrets bien gardés.

Où les trouver ? Adresses et marchés autour de Veyrignac

  • Marché de Saint-Julien-de-Lampon (mercredi matin) : fruits, légumes, fromages, produits du canard.
  • Marché paysan de Carlux (lundi soir, été) : vente directe par les producteurs locaux, repas à la ferme.
  • Maison de la Noix / Moulin Bouyssou (Castelnaud): démonstration de pressage de l’huile, vente de cerneaux, gâteaux aux noix.
  • Ruchers familiaux, foires de Sarlat: découvrir les miels du Périgord noir.
  • Magasins de producteurs à Grolejac et Domme: coopératives de fermiers réunissant canard, noix, fromage, confiture.

Le terroir de Veyrignac a développé une forte culture des circuits courts, avec de nombreux stands « fermiers » en bordure de route ; on y vend asperges, œufs du jour, cerises, pommes et produits transformés à la ferme.

L’esprit du terroir : au fil des générations, un patrimoine vivant

Loin du folklore figé, la richesse agricole de Veyrignac s’inscrit dans une dynamique vivante, portée par des familles qui innovent autant qu’elles perpétuent la tradition. Si les cultures mécanisées dominent ailleurs, ici, le lien à la terre garde son visage humain : celui de paysans, d’apiculteurs, de cueilleurs de truffes, qui restent les gardiens d’un patrimoine fait de saveurs, de gestes répétés, de saisons attendues.

Redécouvrir ces produits, c’est goûter à l’intimité du lieu : croquer une noix fraîchement ouverte, humer le foin d’un potager, sentir la puissance d’un magret bien doré. Veyrignac n’est pas qu’un village – c’est une table vivante, dressée au cœur du Périgord noir, et ouverte à tous les curieux.

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